Depuis quand ? Et t’as habité où alors ?!
Ça y est nous y voilà ! Le temps de vous conter ma nouvelle vie et cette superbe aventure est arrivée. Bon il faut savoir que je vous écris après 4 mois de boulot (enfin plutôt 6 !!!) et que vous le lirez encore plus tard donc désolé pour ceux qui n’étaient pas ou peu au courant et aussi certainement pour l’oubli de détails même si je suis très bavarde et que je garde beaucoup de choses en mémoire. J’ai donc quitté le Peu le 23 Août 2020 vers 9H00 avec la vieille Safrane moyennement pleine et seulement avec une adresse. Papa me conseille de passer par les petites routes, il le faisait à l’époque en camion et puis avec la Safrane je n’ai pas tellement envie de l’autoroute. Au final je mettrais 6h pour arriver jusqu’à Amilly, je vous assure que pour moi c’était le bout du monde.
En arrivant sur place que de personne pour m’accueillir, non en vrai c’était surtout pour monter des meubles et pour accueillir les enfants qui allaient dormir sur place le soir même. J’ai donc dormi là-bas pendant 4 nuits avec l’une de mes futures collègues et certains des futurs enfants. Et puis après ses 5 jours de boulot j’en avais marre et j’ai pris la direction de Nemours chez mon oncle et ma tante qui m’ont gentiment proposé de m’héberger. Pendant 1 mois et demi j’ai donc navigué entre le boulot et leur maison où j’avais ma chambre et un accueil chaleureux. Comme dirait Anna (la copine de mon frère) : en fait Marion elle n’arrête jamais de bosser car forcément dès que j’étais à la maison je jouais et m’occupais des cousins mais pas de la bouffe (donc un bon plan). Ces allers et venus étaient éloignés de 40 mins donc pas toujours simples surtout au moment de partir ou parfois même le soir comme la fois où ils avaient laissé la clé dans la serrure et que je n’ai alors pas pu rentrer dans la maison … appels et cailloux sur le carreaux de leur chambre m’ont fait resté au moins une demi-heure dehors et d’un coup la prote s’ouvrait ! Il y a aussi le premier soir où j’ai débauché et que j’ai dû m’arrêter sous une pluie torrentielle. La voiture faisait un gros bruit par dessous et la plaque qui cache le cardan était à moitié défaite. Vincent est donc venu me dépanné, nous nous somme trempés la gueule (suivi d’une laryngite), forcément c’était le soir où Cindy était au resto avec ses copines donc heureusement la voisine ne dormait pas !!!! Bref on est rentré en même temps que Cindy à minuit et moi j’avais passé ma soirée à pleurer d’épuisement. Depuis j’ai changé de voiture !
Un déménagement précipité
Au bout d’un mois je commençais à en avoir marre de ne pas vraiment avoir de chez moi, d’être toujours la bienvenue mais en même temps de vivre dans les cartons et les valises alors j’ai mis un coup de booste à mes recherches quand la directrice m’a dit « Mais Marion nous on vous garde ne vous inquiétez pas » et en quinze jours je trouvais mon appart. C’est donc le mardi 6 Octobre que j’emménageais dans mon nouveau chez moi à Ferrières. C’est un duplex de 50m2 dans un immeuble rénové de 4 appartements, je suis à l’étage et j’ai ma place de parking juste devant. Je m’y plais fort bien, il est pratique, dans une impasse au calme, à 20 min de mon boulot, équipé avec la base et pas trop loin de chez tonton et les cousins. Ce qui n’est pas du tout négligeable ! Il a une chambre séparé, une machine à laver, il est lumineux bon la douche est pourri et la cuisine n’est pas assez grande mais le lit et le canapé sont confortable donc quoi dire de plus.
Un boulot comme je l’attendais … ou presque !
Je bosse donc dans un village d’enfants, c’est une structure qui fait partie de la protection de l’enfance et qui accueille des fratries placées par le juge des enfants. Pendant mes études d’EJE à Strasbourg, je n’avais pas réussi à décrocher de stage dans la protection de l’enfance donc ce job était le bienvenu et j’avais hâte d’aller voir par moi-même ce milieu si mystérieux. Le village c’est un ensemble de pavillons qui accueille jusqu’à 6 enfants qui sont accompagnés par une équipe de 4 éducateurs. Il y a aussi des familles d’accueil rattachées au village. Les enfants mènent la vie comme les enfants normaux : école, rendez-vous médicaux, activité extrascolaire, loisirs les week-ends et puis pour certains des visites avec leurs parents, des week-ends, des après-midi, journées et/ou vacances chez un ou deux parents. Tous les enfants accueillis font partis d’une fratrie plus ou moins nombreuse, parfois toute la fratrie est placée d’autres fois seulement certains enfants. Une fratrie entière est rarement accueilli sur le même pavillon car souvent ce sont des fratries nombreuses, avec problématique particulière alors ils sont divisés sur l’ensemble des pavillons et peuvent se voir aussi souvent qu’ils le veulent dans la cour.
Le village c’est comme une grande famille avec pleins d’enfants et pleins de « parents » partout !!!! Quand il fait beau et qu’on arrive dans la cours, y a tout de suite pleins d’enfants qui viennent et qui nous disent « tu t’appelle comment ? Tu habites où ? » et franchement c’est hyper drôle et assez accueillant. Au début tout me paraissait idyllique et puis ensuite les choses se sont gâtées et puis finalement y a des jours avec, des jours sans, de la joie, de la peine, des cris, des rires, des galères et tout ça avec les enfants, les collègues, les cheffes, les maîtresses de maison non franchement c’est un sacré travail de collaboration pour ces enfants qui au fond d’eux sont en grande souffrance. Au sein du pavillon c’est un sacré rythme avec l’école, les devoirs, les douches, les repas, le coucher, les jeux, les âges, les histoires de familles et les caractères de chaque enfants, il faut du temps pour trouver un équilibre avec chacun et c’est comme une vraie famille tout en sachant que les enfants ne sont pas frères et sœurs donc d’autres conflits peuvent entrer en jeu. Parfois pour expliquer ce que je fais au quotidien je dis « je suis comme un papa et une maman » car il y a toute les tâches du quotidien pour tenir et faire rouler une maison et puis à côté il y a le côté éducatif qui est souvent peu stable chez ses enfants, il faut aussi leurs redonner confiance en eux, leurs faire extérioriser leur problème et surtout leur offrir la vie la plus « normale » possible.
Vers un deuxième village d’enfants
Mon pavillon a une particularité c’est qu’il n’est pas sur le site du village. Lors de mon entretien j’ai été recruté pour un nouveau projet qui est de construire et d’ouvrir un nouveau village plus proche d’Orléans d’ici 2 à 3 ans mais en attendant il faut quand même accueillir ces enfants et donc recruter des nouveaux éducateurs. Nous sommes donc 4 nouveaux pavillons dans les communes alentours du village et nous fonctionnons exactement comme les autres pavillons du village. On est amené régulièrement à aller au village car c’est là bas que sont nos chefs de service, les secrétaire et surtout notre amie l’imprimante ainsi que nos banettes pour recevoir les divers papier en lien avec les enfants et surtout voir les autres enfants pour que les nôtres puissent aller jouer, échanger et que nous puissions aussi rencontrer nos collègues pour comprendre le fonctionnement de chaque chose du quotidien. C’est comme une deuxième maison, après mes sentiments sont partagés car oui sur le papier on fait parti du village mais en pratique c’est plus compliqué car c’est toujours à nous de nous y déplacé que ça soit pour les collègues comme pour le personnel de la grande maison, fort heureusement nous sommes en 2021 et nous avons le portable !!!! Le lien s’est plus facilement fait avec les autres pavillons extérieurs car certains collègues se connaissaient et puis avec d’autres nous avions des fratries en communs. Il est vrai que le fait d’avoir une fratrie commune ça aide à entrer en contact car les autres pavillons et pour moi c’était avec les pavillons extérieurs car tous les enfants venaient d’arriver.
Si nous avons bien compris, les éducateurs recrutés sur les maisons extérieurs seront prioritaires pour aller vers ce nouveau village, moi ça m’excite beaucoup ! Avoir fait l’ouverture de ce pavillon avec tout à découvrir pour ma part mais surtout le fait de pouvoir tout construire avec 3 collègues qui sont eux aussi nouveau sur le site ça aide beaucoup (c’est toujours une appréhension de devoir intégrer une équipe) donc le refaire ailleurs dans des bâtiments neufs et adapté ça serait carrément trop bien !!! En plus j’ai deux collègues qui sont hyper motivées pour y aller aussi alors que d’autres sont issus de la région et n’ont pas spécialement envie de bouger. Mais bon c’est pas pour tout de suite car à l’entretien, la directrice m’avait parlé de 2021 et puis finalement à la réunion générale de Janvier elle nous a parlé de fin 2022 début 2023 et on a appris ensuite par notre cheffe de service qu’ils n’avaient pas encore le terrain !
Un planning atypique
Pour vous donner un aperçu de mon planning, il est vraiment atypique car je ne travaille pas une semaine entière, ni 35H, ni des gardes de 12h ou 24H, ni les 3×8 enfin rien dont j’avais entendu parlé auparavant. Je travaille par bloc de 31H mais nous sommes comptés en jour travaillé et en nuit travaillée avec une cible annuelle. Je commence donc à travaillé à 14H et je termine le lendemain à 21H et ensuite j’ai le droit à deux jours de repos et le troisième je suis à la maison le matin et je recommence à 14H avec mon pavillon ! Ici, il n’y a pas de week-end ou de jours fériés donc je travaille deux week-ends par mois avec un gros week-end et u petit week-end, je m’explique ! Une fois je travaille du vendredi 14h au lundi 21H en rentrant chez moi le samedi à 21H et revenant le dimanche à 14H (c’est appelé le grand week-end) et le deuxième week-end c’est du samedi 14H au dimanche 21H (et c’est le petit week-end) sachant que tous les week-ends où je travaille c’est avec la même collègue mais en inversé. Quand je ne travaille pas le week-end, j’ai alors 3 jours de repos soit en ayant vendredi, samedi, dimanche ou alors samedi, dimanche, lundi.
Notre planning est organisé sur un roulement de 4 semaines qui reviennent à chaque fois et nous travaillons donc les mêmes jours à la fin des 4 semaines mais en décalé. C’est un rythme à prendre, c’est difficile à comprendre pour certains mais finalement ça laisse pas mal de temps libre sauf quand au fil du temps tu apprends que tu dois rajouter des journées de boulot à droite et à gauche donc surtout il faut bien dormir la nuit !!! Nous travaillons aussi pendant les vacances scolaires, les jours fériés et par exemple pour les vacances de Noël nous devions proposé un planning avec un binôme pour Noël et un binôme pour Nouvel An. Comme je n’avais pas d’attache particulière à travailler à l’un ou à l’autre j’ai laissé mes collègue choisir ce qu’ils voulaient et j’ai donc eu mon 24-25-26-27 en repos où je suis rentrée au Peu et puis j’ai travaillé 3 jours d’affilés pour le 31 dont un jour toute seule. Et puis ensuite on a pas mal enchainé car une collègue avait posé 15 jours de congé et ici le remplacement c’est nous même qui le faisons donc il fallait prendre ses nuits !
Les enfants accueillis sur le village et sur mon pavillon
Le village a un agrément pour des enfants de 0 à 18 ans avec 4 pôles différents. Le pôle principal est celui avec les pavillons accueillant 6 enfants au maximum pour 4 éducateurs, ensuite il y a une pavillon réservé pour les mères ado avec 3 places (il est à l’intérieur du village comme les 8 autres « anciens » pavillons), il y a le dispositif ado qui est à l’extérieur du village et qui comprend 3 paliers différents. (je n’ai pas eu l’occasion de le visiter encore mais j’ai entendu à plusieurs reprises comment ça marche). CE sont pour les ados, motivés, en qui la confiance est bonne et donc il quitte le village d’abord pour avoir un logement avec un éducateur puis ensuite en colocation avec un autre jeune et enfin son logement à lui, le dernier dispositif est celui des familles d’accueil. Nous avons d’ailleurs une de nos fratries divisé avec une famille d’accueil, on partage donc les trajets pour rendre visite à la mère, des visites le week-end quand ils sont chez nous, parfois les vacances aussi. En moyenne les enfants restes 4,5ans sur le village, c’est un dispositif à long terme avec dans l’ensemble des cas, lorsqu’il y a départ c’est pour un retour dans les familles, nous ne faisons pas de l’accueil d’urgence. Les enfants passent d’abord par la Maison de l’enfance (c’est le terme moderne pour dire le foyer du département) qui ensuite redispatchent les enfants dans des lieux adaptés à leur histoire.
Sur mon pavillon, en Août nous avons accueillis 5 enfants issus de 3 fratries différentes. D’abord deux sœurs ados (de 14 et 15 ans) qui ont une sœur et un frère en famille d’accueil, un garçon de 8 ans qui a un frère sur un des autres nouveaux pavillons et deux sœurs de 5 et 2,5 ans qui avaient 4 frères et sœurs sur un nouveau pavillon et un frère au village ainsi qu’un petit frère en famille d’accueil mais n’appartenant pas au village d’enfants.
Je parle de cette fratrie au passé car en Janvier les filles nous ont quitté pour rejoindre un autre lieu d’accueil afin de se rapprocher géographique de leurs parents. La fillette de 5 ans avec une déficience visuelle et un handicap (un léger autisme on pense car rien de diagnostiqué) donc un quotidien très lourd avec beaucoup de rendez-vous au début et à la maison deux petites filles très speed, qui ne parlaient pas en arrivant, ne savaient pas manger proprement, avec des endormissements très compliqué et une énormément besoin d’attachement. La grande allait à l’école en classe de GS seulement le matin (nous devions la récupérer à 11H30, encore une charge supplémentaire dans notre quotidien car finalement entre 8H30 et 11H30 t’as pas vraiment le temps de faire grand chose) alors que ça sœur était tout le temps avec nous. Dans les habitudes du village, les enfants vont à la crèche le dernier semestre avant l’école mais nous savions qu’elles devaient partir donc les démarches n’ont pas été poursuivies. Leur départ à été très long car vous connaissez tous l’administratif en France et puis surtout la première proposition du nouveau lieu c’était une séparation des filles hors pour nous c’était inenvisageable car elles ont toujours vécus ensemble et même nous quand nous en amenions qu’une seule avec nous pour un rendez-vous elle faisait que d’appeler sa sœur. Nous avons tous ensemble passé de merveilleux moments comme des moments atroces tel que les repas où au début elles mangeaient salement avec leurs doigts, y en avaient partout (de la racine des cheveux à par terre jusque derrière les coudes et sous les fesses), elles ne voulaient rien à par des gâteaux, le coucher c’était des crises pendant plus d’une heure et au réveil la grande hurlait et réveillait la petite, on ne comprenait jamais ce qu’elles voulaient puisque l’unique mot compréhensible c’était « là là là ». A la fin des 5 mois qu’elles ont passé avec nous, on a remarqué le vrai progrès, la plus petite était propre, les deux mangeaient proprement et de tout, elles avaient de plus en plus de vocabulaire et se faisaient largement comprendre. Même la maîtresse de la plus grande a noté tous ses progrès bien qu’il lui faut absolument intégré un établissement adapté au plus vite.
Les deux ados nous en ont fait voir de toutes les couleurs depuis qu’elles sont arrivées chez nous ! L’une n’était pas scolarisé, l’autre faisait des conneries puis elles ont inversé leur rôles jusqu’à ce qu’elle repasse devant le juge et que celui-ci accepte des week-ends chez leur mère et que la situation évolue parfois positivement et parfois négativement. Pour régler certains problèmes nous avons dû opter pour une séparation des deux sœurs pour leur plus grand bien malgré leur réticence à l’annonce. Elles suivent chacune une scolarité dans deux établissements différents qui semblent parfois chaotique, la vie à la maison c’est souvent comme elles veulent donc souvent difficile à composer avec les autres enfants et les éducateurs. A l’heure où je vous écris (23 février) nous avons traversé une grosse période de tension mais le beau temps et le début des vacances scolaire semblent avoir apaiser les choses en plus des discussions avec la cheffe de service et les 5 éducateurs.
Enfin nous avons notre garçon, alors lui c’est compliqué de dresser un portrait positif car il nous prend beaucoup, beaucoup, beaucoup d’énergie ! Il a été diagnostiqué TDHA et ne contrôle pas ses émotions et entre dans des colères énormes pour un oui comme pour un non. L’école est donc très difficile pour lui mais la vie avec les autres enfants, les règles, les contraintes aussi puisque chez lui c’est comme il veut quand il veut avec écran, mal bouffe et sommeil décalé donc ici ça part souvent en crise … pas facile de composé quand par dessus ça s’ajoute le manque des parents voire du petit frère et malgré un placement depuis déjà un moment. Et pour autant il nous fait hyper rire comme hier soir quand l’ado lui dit « est ce que je te dis « petit » parfois ? » (elle voulait dire par là, est ce que je t’appelle par ton prénom ou par petit ») et il lui a répondu « bah tu m’as traité de crapaud » et là trop drôle car ça date d’y a au moins trois mois et c’est pas du tout ce qu’elle demandait !!! Il adore cuisiner avec nous surtout pour lécher les plats mais il est super fier à la fin et puis il sait s’occuper tout seul pendant de longs moments donc bon on compose et les jours avancent !
Depuis le 30 décembre nous accueillions une nouvelle fratrie, pendant près d’un mois nous avons eu 7 enfants sur notre pavillon comme si tout était normal, il y avait des attentes de chaque côté, des tensions entre les enfants qui vivaient les uns sur les autres, des éducateurs qui n’arrivaient pas à se faire entre ni par les chefs ni par les enfants mais depuis le 27 janvier tout est rentré dans l’ordre. L’ado de 14 ans a quitté le pavillon pour intégré un pavillon du village, les deux petites sœurs sont partie dans une famille d’accueil dans un autre département et nous avons accueilli 3 enfants d’une même fratrie. Un garçon de 13 ans qui partage sa chambre avec le garçon de 8 ans en haut et ses deux sœurs de 9 et 2,5ans qui partagent la chambre du bas tandis que notre ado de 15 ans se retrouve donc seule dans sa chambre en haut (elle était jusque là avec sa sœur). Les 3 enfants ont 2 autres frères et 1 sœur qui habitent dans le 4ème pavillon extérieur qui vient juste d’ouvrir « pour eux ». Nous apprenons à nous découvrir, les journées se suivent mais ne se ressemblent pas mais tout le monde va à l’école c’est déjà le principal et puis surtout nous avons nos journées « libre » de 8H30 à 16H30 avec seulement la petite de 2,5 ans donc c’est plus facile de faire des choses car jusqu’ici nous avions toujours au minimum 3 enfants à la maison même la semaine.
J’ai fait le tour des enfants en raccourci mais 6 mois à écrire c’est long !! J’espère devenir plus régulière dans mes récits et vous donner plus d’anecdotes du quotidien et des différents acteurs avec qui nous travaillons. Je vais maintenant vous faire un petit topo de mon équipe restreinte et de mon équipe au sens large.
Mes différents collègues
Tout d’abord il y a mes collègues de pavillon c’est avec eux que je suis au quotidien. Nous sommes une équipe de 4 avec Océanne, Juliette et Rémy et puis parfois nous sommes accompagnés par Christel en formation pour devenir TISF. Océanne n’est pas issu du milieu, elle travaillait dans une toute autre voix auparavant, Rémy était prof d’espagnol au collège et puis Juliette est TISF et travaille chez Action Enfance depuis le premier confinement mais elle était sur un lieu à Tours. Tout comme les enfants nous avons dû apprendre à nous connaitre et chaque jour nous continuons de le faire avec nos lots de surprises, d’accords et de désaccords. Ce n’est pas facile de composer surtout quand nous n’avons pas la même éducation et pourtant il faut apporter un côté éducatif aux enfants mais aussi car nous n’avons pas non plus les mêmes diplômes donc parfois des connaissances plus ou moins fondées et abstraites sur la protection de l’enfance et tous les enjeux qui vont avec. Je travaille 50% de mon temps avec Océanne car c’est mon binôme les week-end et donc le reste du temps est partagé avec Rémy et Juliette et pour ma part j’ai l’impression de voir plus souvent Rémy. Christel est en formation le lundi et le mardi et ensuite elle est chez nous le mercredi, le vendredi une semaine sur deux et le samedi une semaine sur deux et le jeudi elle est soit chez nous soit en renfort sur le village car c’est journée réunion. Elle ne travaille jamais le dimanche et ne fait pas de nuit, les vacances scolaires elle est à temps plein sur le village. Bon finalement sur le plan pratique elle n’est pas tant que ça chez nous car il manque souvent des éducateurs au village ! Nous formons une bonne équipe qui part de rien donc les débuts étaient assez chaotiques et les enfants ont su très très bien s’y engouffrer mais petit à petit nous réglons nos problèmes et ce notamment grâce à nos diverses expériences personnelle, au soutien de Christel et au temps.
Ensuite il y a les collègues des autres pavillons, ceux avec qui j’ai fait connaissance en premier sont ceux des autres pavillons extérieurs car comme je vous le disais avant nous avions des fratries en commun. Nous partions quasiment tous de rien donc le soutien a été très important et je me suis très bien entendu avec Noémie et Morgane que je vois à l’extérieur maintenant, nous n’avons plus de fratrie commune mais deux ados qui sont potes ! Avec les autres éducateurs du village, le contact se fait plus doucement car eux comme nous en savons pas toujours comment nous aborder, les maisons extérieurs on se sent parfois de trop et pas intégrés et les pavillons du village ont senti qu’on leurs imposait le truc car ils ont appris l’arrivée des pavillons au dernier moment. J’ai travaillé le week-end dernier (du 19 au 21 février) et nous avons passé beaucoup de temps dans la cours du village avec les éducateurs et les enfants et c’était top. Le printemps et l’été vont nous apporter beaucoup de temps même si nous ne sommes pas sur place tout le temps ça a du bon.
Et enfin, il y a la grande maison, elle est nommée ainsi car physiquement elle est très grande et à la construction du village, c’était la maison du directeur mais aujourd’hui les directeurs n’habitent plus dans l’enceinte du village et elles abritent donc le bureau des 2 psychologues, le bureau des 2 secrétaire, le bureau de la directrice, le bureau personnel des 4 chefs de service, celui des 2 comptables et encore des pièces mystères !!! Il y a donc toute la semaine du monde partout qui circule et puis le week-end c’est mort !!!! Mais les éducateurs ont la clé car il y a Mme imprimante. Dernièrement ils ont acquis une maison à 100m du village qui se nomme « la petite maison » et qui sert pour les formations et les pauses repas du personnel car nous sommes de plus en plus de monde à travailler et avec les conditions sanitaires actuelles il faut de l’espace pour les réunions, les formations et la grande maison n’est pas extensible ! Au sein du village il y a aussi 5 maitresses du maison qui tournent sur le pavillon pour faire le ménage, assurer le transport de certains enfants et parfois apporter du renfort pour garder les enfants qui ne vont pas à l’école alors que leurs éducateurs ont besoin d’être détaché de leur pavillon pour divers rendez-vous. Et puis il y a 2 « hommes à tout faire », je ne sais pas vraiment quel nom leur donné car tout le monde les appelle par leur prénom mais en gros c’est eux qui s’occupent d’emmener les voitures au garage quand elle sont besoin, de changer les ampoules, de régler les problèmes de chauffage etc etc (les petits problèmes du quotidien en fait !).
Je pense avoir fait à peu près le tour de tout ceux qui gravitent sur notre village et la prochaine fois je vous ferais part de mon travail à proprement parlé mais je crois que je ne suis pas au bout de mes surprises et parfois même je suis perdue dans le jargon. J’ai accepté ce post car mon but ultime c’est de pouvoir accompagné un enfant devant le juge et d’en écouter l’audience. Pour le moment avec la situation sanitaire et les enfants que nous avons ça ne sera pas avant le mois de Septembre 2021. La charge émotionnelle et de travail est très lourde et prenante c’est pourquoi je me suis fixée 5 ans dans ce milieu et après je verrais vers quoi je me tourne et où mais pour le moment J’ADORE.
Début de l’indépendance à presque 25 ans
J’ai quitté Strasbourg en 2019, je suis partie en Finlande et puis finalement il fallait bien que je commence ma vie d’adulte et c’est donc maintenant que je me rends encore plus compte que administratif c’est chiant ! En arrivant dans le Loiret je ne m’en rendais pas encore bien compte puisque j’habitais chez Vincent et Cindy donc pas d’appart, de téléphone, de CAF etc mais en déménageant plus le choix il fallait tout refaire et là pfff trop relou j’avais légèrement oublié ce que c’était. Maintenant j’ai un vrai salaire, mon appart mais qui dit salaire dit plus grosses dépenses pour bien vivre. Bon ne vous inquiétez pas je mange et je dors aussi mais par contre j’avoue que je me sens grave seule ici dans ce trou perdu. Y a des semaines où j’ai des projets de dingue : déménager dans le sud, acheter un appart, réaliser mon rêve en partant au Canada ou en Australie et puis y a des jours où je me dis oh la la j’ai pas eu 5 minutes à moi … que choisir donc à 25 ans quand en plus de ça cette année c’est de la merde par ce qu’on ne peut rencontrer personne. Mais aller sur ce je vais vous laisser et continuer ma semaine au Peu chez mes parents chez qui j’ai réussi à descendre en posant deux jours de congé pour l’anniversaire de mon papa adoré.
Autour de moi, j’ai des copines qui investissent dans l’immobilier, d’autres qui fondent leur famille et puis certaines qui sont comme moi … il faut faire le tri et trouver son chemin, ce n’est pas simple mais j’y travaille ! L’autre jour au boulot, notre ado de 15 ans m’a dit « j’aimerai bien avoir ton âge je pourrais faire ce que je veux » et ma réponse a été « non reste comme tu es, tu verras ensuite y a encore plus de trucs à penser, c’est bien d’être enfant », dans ma tête c’était exactement la réponse que j’entendais autour de moi au même âge. Ouais 25 ans c’est cool, le demi siècle et tout mais en vrai pff on se pose trop de question donc vivement 26 ans :DD !!!! Tout ça est un peu fade en photo, je vous ai habitué à mieux mais pour les prochaines fois je vais faire mieux notamment la prochaine fois avec mes week-ends et mes découvertes, je vous présenterai également mon appartement et mon village.
MARION
